Un silence de plomb, celui des séances à huis clos, où la politique se dépouille de ses artifices pour se confronter à la rigueur des chiffres.
Me Socrates Mubengaïe, Questeur de l’Assemblée provinciale de Kinshasa, s’est avancé vers le perchoir avec l’aisance de ceux qui connaissent les rouages de la machine. L’exercice est « coutumier », certes, presque une chorégraphie parlementaire héritée des usages les plus stricts, mais il n’en demeure pas moins périlleux. Il s’agissait de rendre compte de la gestion de la session de septembre 2025 à mars 2026.
Dans cette atmosphère feutrée, loin des regards indiscrets des administratifs, du personnel politique, de la presse et des curieux, l’Honorable Mubengaie a déployé son rapport avec une précision d’orfèvre. Pour ce routinier de la redevabilité, l’enjeu dépassait la simple reddition de comptes ; il s’agissait de restaurer la confiance, de justifier chaque franc congolais engagé dans les méandres de l’administration de l’Assemblée provinciale.
Face aux interrogations de ses pairs, parfois acerbes, parfois curieuses, le Questeur a répondu « avec brio ». Il ne s’est pas contenté de lire des colonnes de chiffres ; il a « éclairé les lanternes », dissipant les zones d’ombre qui planent souvent sur la gestion des bureaux. Dans ce face-à-face entre élus, Socrates Mubengaïe a magistralement rappelé que derrière les prérogatives du bureau, se joue la crédibilité même de l’institution.
Kinshasa, ville des paradoxes, a vu ce jour-là un de ses serviteurs se plier au plus noble des exercices démocratiques : la transparence, sans fard et sans artifice.